Concert  le 28 janvier  à  17 h , Eglise Catholique d'Oberbronn  

Juillet-Août 2008: "Empreintes Africaines"

Ça y est, il a décollé le 24 juillet,

Des valises à gogo, déguisées en paquet cadeau.

A Paris c’est si long, l’Afrique est si loin,

Appréhendée comme un bonbon acidulé, croqué,

L'amertume vient quand les démunis de leur pays,

Submergent de pleurs leur destinée.

Enfin, c'est Bonne Arrivée au Togo, la nuit tombée.

Tout chavire, les bagages se font la malle,

Les douaniers, les porteurs s'emballent,

Tu n'les a pas?, c'est cadeau, conscience froissée.

Halte bleue marine, au bord de la piscine

Rires en tenue de soirée, tour de salade reggae.

Lomé aux bras écorchés, aux regards égarés,

Silhouettes ombragées par la poussière orangée,

Lomé déroule ses paroles bon marché,

Déboule et déballe ses mille étoles.

Les étals nous épatent, nous affolent, nous enflamment,

Vendu, payé, donné, convenu, marché content...

Kpalimé, chemin vert dans le silence hospitalier.

Centre CAFOP, nid de jeunesse que Dieu nourrit

Invitation à l'Afrique chantée, frisson accordé,

Parti le bus Yovos, destination Yobo Sedzro,

Coeurs qui tanguent, rires diluviens, pluie de mots, chants chaloupés.

Enfin le sol, pour dire merci au Père du Ciel...

Et puis, comme des perles enfilées au cordon du bonheur,

Courent les enfants, des saluts plein les mains!

Parterre de pétales de danses et chants bigarrés,

Honneur du coeur, carré "VIP", mots confiserie.

Pour nous tout ça!... émotion pure au sommet Simplicité,

Au Centre, les murs de l'espoir, ciment de vie,

Faut dire au revoir, pour redire bonjour des soleils plus tard.

Ficelle tendue, pays voisins se serrent la main,

Togo, Bénin, visa gratté, visa gagné,

A Cotonou, valse de Zem à faire tourner la tête,

Vapeurs à l'étouffée à en perdre les sens,

Les nausées abondent dans ce bazar organisé.

La capitale pour se poser, la pluie s'installe à se noyer.

Rendez-vous chez le dieu-serpent, collier charmant,

Qui nous saute au cou sans en siffler mot.

Ganvié, peuple dérivé, mémoire gravée sur ses piliers,

Tout s'éternise sur le chemin de Ouidah,

Les gorges se resserrent sur les chaînes des humiliés.

Au tombeau, libres nos voix chantent nos frères abandonnés,

Porte verouillée sur la mer des oubliés...

Hôtel chic côté face, bain d'soleil râpé, côté pile.

Lomé sur scène, jour unique, les anges en profitent,

Voyage d'initiés au pays Gospel, tendre envolée,

Bouquet de chants, champ fraternel, sillon de joie,

Public papillon dans le ciel bleu bonheur,

En fin le vent se lève, mousson de rires, gerbes d'émotion.

Et puis Yobo retour, les jours se dessinent,

Couleur teck, planté, piquets, évolué,

Les petites mains, les yeux fruités, les rires sucrés.

Prier au Ciel ouvert, croire en Ewé, prêche en français,

Indissociables pas cadencés, mains associées,

Vitraux tissés sur croyants en harmonie, son claironné,

Chants messagers, recommandés avec l'avis d'amitié.

Les yeux chamboulent, les danses enjouées, tout se cuisine,

Manioc, igname, coupé, râpé, pilé et puis mangé.

Lumière perdue, eau en délit de fuite,

Pas d'importance, circonstances atténuantes,

Les yovos dans un seul choeur, un seul habit suffit!

Yobo village à coeur ouvert, terre humble, nature réservée,

Concert de marmites dans la cour intérieure,

Mise en scène pour graine de palme d'honneur,

Petit coin épicier et peu plus loin épicé,

Cocktail de sourires, mille et une arachides,

Ballon danseur, dispensaire impatient de panser,

Baobab grand sage, complice des premiers dieux.

Dans un mis au green, trois autruches en strass,

Se dandinent, Monsieur Yovo, Miss Freedom et Lady Voice

Il est temps de reprendre le bus blanc,

Comme une boîte à musique que l'on referme,

Sur les images qui nous ont fait rêver

Submergent de pleurs leur destinée.

Comme un arbre se sont posées des notes perpétuelles,

Pays Togo dans nos têtes, tu es gravé,

A l'encre d'amour et d'éternité.

 

Philippe BROCADET